
Kurt Hirsher répond aux questions qui lui sont posées
"Un de mes amis m'a parlé de A Propos et m'a suggéré de le vendre.
- Certainement pas !, je lui ai dit. Faire le poireau et vendre un journal ? Merci! C'est pas mon truc!
- Au moins, essaye !
Après avoir insisté de la sorte, mon ami m'a quitté en me laissant 10 numéros de APropos sur les bras. "Tiens-toi là, à l'entrée de l'église et attends. Tu verras, tu vas vendre !"
" Effectivement, j'ai vu. Les gens passaient, me souriaient, et beaucoup m'ont acheté le journal. C'était en 1999. J'ai eu de plus en plus d'argent dans mon sac, plus que dans mes boulots précédents. J'ai eu des expériences plaisantes avec les gens qui passaient et les habitués. Alors, j'ai commencé à aimer mon nouveau job !"
Depuis, j'ai vieilli. Aujourd'hui je pense que la vie d'un vendeur de journaux dans la rue est dure, pour le corps et pour l'esprit. On peut pas s'imaginer ce que cela veut dire : rester là, debout, toute la journée, pendant des semaines, des mois, des années...
Et ma peau s'affine avec l'âge. Je suppose que maintenant je suis trop sensible pour ce genre de boulot."
"Parfois je souffre de l'image négative du mendiant, même si elle n'existe que dans l'esprit de gens aux vues étroites. Mais je vais continuer. Parce que, bien que j'ai passé toute ma vie comme vendeur, APropos m'offre la certitude que j'aurai assez d'argent pour vivre. Je peux maintenant me permettre d'acheter ce dont j'ai besoin, et je peux aussi prendre quelques jours de "vacances". Ça me permet de recharger mes batteries et de revenir dans la ville et sa périphérie avec une énergie renouvelée et la certitude que j'ai bien de la chance d'être sur la bonne voie."